Episode 3
SAMEDI 2 DÉCEMBRE
Sortie bateau au programme du jour.
Car, mis à part les plages, l'autre activité juste un tantinet plus sportive, c'est la balade en bateau dans l'estuaire du fleuve De Contas pour pénétrer dans la mangrove jusqu'à une fazenda (exploitation agricole) de cacao et randonner un peu jusqu'à des cascades. Puis finir la journée en admirant le coucher de soleil sur la plage sauvage en face d'Itacaré. On a signé !
C'est donc parti pour le programme sortie bateau. Notre hôtesse de la pousada nous a mis en relation avec un guide qui nous embarque sur son destrier nautique et nous pénétrons puissamment motorisés dans les profondeurs verdoyantes du fleuve…
Jusqu'à entrer dans la mangrove et bientôt lâcher le moteur pour la rame. Remarquez les épiphytes accrochés aux arbres, certains grands centenaires en deviennent de véritables jardins.
Des milliers de crabes, corps blanc et pinces rouges, quelques uns bleus, s'empressent de fuir à notre approche
dans leurs trous au milieu des racines verticales des paletuviers. Il faut dire qu'ils sont délicieux en cocotte et se méfient à juste titre des prédateurs humains. Impossible hélas de les coincer pour une photo. Il ne font pas la différence entre pêcheur et photographe.
La balade dans la mangrove est en fait assez courte. Nous débarquons dans la fazenda, noyée dans la forêt, et sommes orientés vers les cascades avec plein de temps pour en profiter. Et nous en profitons!
La pause hamac c'est après la petite rando jusqu'au bout de la piste qui longe la rivière et ses successions de cascades en s'enfonçant dans la jungle, et surtout, après la baignade. Miracle, l'eau est fraîche ! Quel bonheur d'enlever cette moiteur permanente qui nous accable dès qu'on bouge un tant soit peu!
Et oui, nous avons bien vérifié avant de livrer nos orteils aux piranhas, il n'y en a pas, tout juste quelques écrevisses!
Mais bien sûr, nous avons trop la bougeotte pour rester buller dans un hamac. Muriel déniche une piste (qui monte bien sûr !) et nous voici repartis pour une petite exploration. João ne rechigne jamais devant une balade. En tongues dans la jungle, on s'est chaussé couleur locale!
Ça valait le petit effort, joli panorama!
Nous faisons machine arrière dans la mangrove, le long des berges du fleuve…
…et notre guide nous dépose sur la plage sauvage en face d'Itacaré. D'un côté l'estuaire aux eaux calmes, de l'autre l'océan qui déroule ses vagues sur une plage déserte à perte de vue vers le nord.
Depuis notre arrivée au Brésil nous n'avons croisé aucun touriste étranger. C'est surprenant par rapport à nos autres voyages. Le seul tourisme est intérieur, les Brésiliens des villes viennent profiter des plages paradisiaques de leur pays. Quelques argentins et urugayens. Mais aucun européen, pas d'Américains et encore moins d'asiatiques.
Donc, dernière partie du programme standard: le coucher du Soleil! On nous a bien répété que c'était le plus beau du monde!!!
Ici les locaux viennent surtout pour s'installer sur des matelas ombragés, et savourer des cocktails tropicaux. Un coucher de soleil bien arrosé est toujours spendide 😜
Nous, après avoir fait le tour de la presqu'île, on s'ennuie un peu, et la caipirinha sur un ventre vide, très peu pour nous. En plus ils sont corsés leurs cocktails au Brésil.
Bon, okay, il est joli le coucher de soleil, aller on rembarque enfin…
…Pour aller finir dans Itacaré s'attabler avec gourmandise devant un bon dîner, tartare de poissons et fettuchini fruits de mer, puis dessert original imprononçable. Là Muriel apprécie sa caipirinha, et João son demi-litre de bière fraîche. Avec ambiance musicale tant qu'à faire…
DIMANCHE 3 DECEMBRE
Ici, il nous faut la moustiquaire pour bien dormir, les vitres sont inexistantes. Et tout ce qui pique adore le sang de João. Pourtant il y a bien la climatisation, malgré l'absence de vitres, quelle passoire thermique !
Thème plages aujourd'hui. Enfin, à notre façon, sans jamais poser serviette. Nous partons…en rando de plage en plage 😁
La côte au sud d’Itacaré se découpe en de multiples criques ourlées de Mata Atlântica, et de cocotiers bien sûr. On ne peut pas faire plus carte postale. Mais ce qui nous plaît le plus c'est l'absence de murs et de privatisation ici. Enfin!
Nous sommes dimanche et les plages accessibles par véhicules sont prises d'assaut. Les cabanes à boissons ont étalé leurs tables, chaises et parasols sur le sable. Les surfeurs sont de sortie. Les plages d’Itacaré sont réputées pour leurs vagues et une communauté de surfeurs donne l'ambiance cool à l'endroit.
João a choisi la piste pour rejoindre une crique isolée, à travers la jungle, et ça monte bien sûr 😜! Muriel suit, rando en tongues et maillot de bain, on devient de plus en plus minimalistes en matière d’habillement ici. La chemise c'est juste la protection anti soleil.
Et la crique déserte la voici. Enfin presque, une superbe naïade brésilienne en maillot fil dentaire y a étalé sa serviette. Comment fait-elle pour ne pas se brûler sous ce soleil de plomb!
C'est elle qui prendra une rare photo de nous deux.
Ben non, même là on fera juste une courte pause, à l'ombre, avant de repartir en sens inverse.
João continue de s'émerveiller devant les splendeurs naturelles.
Pourtant il n'a pas aimé mon crapaud de la veille au soir, sauvé in-extremis d'un écrasement fatal. Il a du se dire que s'il se transformait en prince charmant, ça pouvait lui faire concurrence 😂
De crique en crique…retour vers notre pousada…
…non sans une petite douche rafraîchissante en chemin…
A peine rentrés, João repart pour tenter sa chance avec le vent depuis la plage la plus proche de notre auberge, praia da Concha.
Patience, ce foutu vent va bien finir par se lever que diable!
Finalement il devra se contenter de voguer sans voler, pas assez de vent. A défaut, la traversée de l'estuaire sera son accomplissement en wingfoil du jour.
LUNDI 4 DÉCEMBRE
Nous reprenons la route, direction Barra Grande au bout de la Péninsule de Marau.
On aurait pu rester sur une route en goudron, puis prendre un bateau, mais finalement on choisit la piste de latérite. 40km, je trouve la bonne vitesse pour réduire les vibrations sur la tôle ondulée: 50km/h. Pas mal!
Et on prend des pauses car tout le long de cette péninsule encore très préservée où viennent nicher les tortues se déroulent des plages plus belles les unes que les autres.
Praia de Saquaira. Qu'est ce qu'elle à l'air tranquille, je me mets à rêver de prendre un Airbnb ici et d'y rester quelques semaines…
Pause noix de coco. C'est devenu une routine, une fois par jour 😂
Mais nous n'avons pas fini de faire de belles découvertes: je demande s'il n'y a pas une piste qui passe au plus près de la côte, et on me donne l'info! Parler le portugais ici c'est vraiment génial!
Muriel est moins rassurée, elle se demande à quel moment on va s’ensabler et elle va devoir pousser.
Car on croise surtout des quads, curieux de savoir comment j'ai fait pour arriver là! Quelques 4x4 aussi mais aucune autre petite voiture comme la nôtre.
Nous avons en fait pris la piste des broméliacées. Ici ces épiphytes sont gigantesques. Une superbe piste buissonnière!
Et au bout de la piste…un véritable paradis…Taipu de Fora:
https://maps.app.goo.gl/nhwcHAuLVeZpd8dn8
Le bord de mer y est protégé par une barre de corail; nous voilà dans un aquarium avec de jolis poissons colorés.
Muriel est très rassurée ici avec l'eau calme, chaude et peu profonde. Elle déniche même une pieuvre !
C'est relativement peu développé encore ici mais ça construit de partout.
Nous finissons la journée en nous installant dans un studio équipé, pour changer, au centre du village de Barra Grande, dans cette gigantesque embouchure du Rio Orojo.
Et nous marchons le long de la plage jusqu'à la Ponta do Muta vers l'océan.
Ce soir on se régale de crabe et d'un autre coucher de soleil 😉.
MARDI 5 DÉCEMBRE
Réveil aux sifflements des petits singes venus chercher leur pitance auprès des humains. De jardins en jardins.
Journée farniente à Barra Grande. Muriel savoure le classique brésilien de Jorge Amado, Dona Flor e Seus Dois Maridos, en portugais bien fleuri du dialecte sensuel de Bahia. Elle se régale!
Balade matinale sur la plage, hier vers l'océan, ce matin vers l'immense baie des estuaires. Séance musculation, salle de fitness gratuite et aérée 💪😜
Nous flânons sans but dans les rues de sable blond du village de Barra Grande…
…un village sur le sable, tranquille, auberges, maisons et cabanes noyées de végétation tropicale, où on oublie vite le reste du monde…
…la place principale avec sa petite église pimpante.
Après les mangues, ananas, papaye et autres délices du soleil brésilien, cette fois-ci nous tentons le jacquier, un énorme fruit qui demande une préparation un peu musclée.
On l'avait découvert en Asie. Goût un peu particulier, comme un chewing-gum malabar en fait. Ce sera la base de notre déjeuner.
Nous avons pris note de cocotiers stratégiquement placés en bordure de plage où nous revenons poser nos hamacs, tout en prenant garde du danger de chutes des noix de coco. Mourir assommé par une noix de coco, ce serait quand même ballot !
Et João attend le vent…
N'en pouvant plus, il se risque à l'eau et part loin dans la baie trouver la brise.
Ce sera finalement la meilleure séance de light wind! Mais le retour se fait très difficilement car le vent est de terre.
Dès 18h il fait nuit sous le tropique, du coup on se couche tôt depuis notre débarquement. Mais pas avant un tour pour admirer le petit centre illuminé. Joli mais on voit bien que c'est encore hors saison. Tant mieux car il paraît qu'à partir de Noël quand commencent les grandes vacances estivales brésiliennes, tout le littoral, dans ses moindres recoins est bondé et surbooké.
Les restaurants sont désertés. On s'en offre rarement car c'est étonnamment cher, compter 40€ au moins pour deux (le prix d'une nuit dans une pousada/auberge confort).
Alors on privilégie les buffets des churrascarias populaires et nos petites préparations impromptues: avocat-sardine-jus de citron plus tous les fruits tropicaux qu'on déniche dans nos explorations, ça permet aussi de garder la ligne !
Ce soir on tente quand même un petit boui-boui de spécialités des rues bahianaises (5€ pour deux!). Bon, c'est finalement assez insipide leurs beignets et purées. Il faut dire que les épices qui doivent donner l'essentiel des saveurs, heureusement servies séparément, nous ont effrayés de puissance incendiaire. Même à dose microscopique !
MERCREDI 6 DÉCEMBRE
Réveil habituel vers 6h et petit dej copieux que nous nous cuisinons dans notre studio (smoothie de fruits + oeufs avec poivrons, tomates et avocats géants + biscuits et pains locaux, etc. ).
Nous partons en voiture voir un autre village, Taipu de Dentro. 12km, 35 min de piste ! 🐪
Un bout du monde! Qu'est ce qu'on est tranquille ici! Comme d'hab on commence par faire une balade le long de l’eau, de la mangrove.
Ben oui, la montée des océans est déjà là 🤔
Il y a un petit centre de village avec l'arbre de Noël et des bonhommes de neige… en gobelets plastique, recyclés j'espère!
Comme je le soupçonnais, le vent d'Est rentre mieux ici ; ça tombe bien, il y a une belle plage avec tout ce qu'il faut de cabanes de restaurants de plage pour satisfaire l'appétit de Muriel. Langouste, crabes, poissons grillés…plus la caipirinha bien corsée…la totale pour 40€!
Tandis que moi je suis sur l'eau avec le Wing Foil. Je travaille les départs en vent léger et rafaleux.
Et pour finir la journée je vais chez un coiffeur local. Il était temps!
JEUDI 7 DÉCEMBRE
Après 3 jours sur la péninsule de Maraú, nous reprenons les 40km de piste qui nous ramènent sur la route 030.
Je conduis plus en confiance à 60-70 km/h, je sais qu'il n'y a pas de grands trous ou autres pièges.
On arrive sans encombre à Graciosa où on prend le “bateau-bus” pour l’île de Boipeba, entourée de gigantesques mangroves.
Pour ceux qui veulent savoir, c'est ici:
https://maps.app.goo.gl/QJPL2GHrnSZGPk8P6
Nous en avons pour 40 minutes de navigation rapide; il y a 15 ans il fallait 3h pour le même trajet en barque poussive!
On a bien préparé nos bagages (grosso modo: 1 maillot de bain, 1 short et 1 tee shirt, (1 kilo) et… le Wing Foil (15 kilos!) 🤣🤣🤣
Arrivés au port, nous avons 10 minutes de marche pour prendre un quad qui nous emmène à Morerê, un petit village posé sur le sable au bord de l'Atlantique et noyé sous de belles frondaisons tropicales.
Puis encore 15 min de marche (chargés des 15kg du Wing Foil) pour arriver à Alizée Morerê, la belle pousada d’Antony, un copain de mon frère Manu.
Surprise finale: il faut encore monter en haut de la colline pour atteindre notre joli bungalow de luxe et poser nos bagages! Du coup on laisse le Wing Foil à la réception! 🤣🤣🤣.
Antony ne s'est pas moqué de nous; le bungalow est très classe avec une grande baie vitrée sur balcon qui domine la baie. La vue est superbe d'ici.
Lien pour le petit film de l'expédition d'approche:
https://photos.app.goo.gl/CzmT4iz1qMWBf6r26
On discute avec Antony pendant un bon moment; il nous présente cette île et son histoire. L'île de Boipeba a fait partie des premiers territoires explorés après l'arrivée de Cabral à Porto Seguro il y a 500 ans. Mais surtout, Boipeba a été le théâtre de la première histoire d'amour entre un marin portugais et une princesse indigène, avec visite de la princesse dans les cours royales européennes. Pocahontas à la mode brésilienne.
Pétris de culture locale grâce à Anthony, nous partons pour notre fin de journée classique à l'arrivée sur nouvelle plage: une petite balade pour profiter du coucher de soleil qui cette fois-ci disparaît sur les terres.
C'est beau et on en profite!
VENDREDI 8 DÉCEMBRE
De très bon matin, le soleil inonde déjà notre bungalow.
Nous traînons à papoter avec Antony devant un buffet petit-déjeuner plantureux.
Et c'est parti pour l'aventure du jour: rando le long de la côte jusqu'à la pointe la plus au sud. Il n'y a pas vraiment de piste alors on improvise. Tour de mangrove pour commencer.
Nos bungalows sont là-bas !
Après une progression quelque peu scabreuse sur des rocailles tranchantes, nous atteignons la plage immense et sauvage de Baïnema.
Dans ce bout du monde João trouve le moyen de s’amouracher d'une ruine, il se voit déjà lancé dans la rénovation entre deux séances de Wing Foil.
Le palace en puissance vient avec deux étalons…
…et une entrée digne de Versailles.
Malgré tous ces attributs à faire se pâmer de désir toute personne raisonnablement déraisonnable, moi je craque plus pour la hutte tropicale voisine (le petit Trianon quoi!).
N'arrivant pas à nous accorder sur notre prochaine acquisition, nous passons notre chemin, chacun avec sa larme à l'œil de regret 😉
La plage de Baïnema ne fait rien moins que 4km de long…sous un soleil de plomb. Je me suis transformée en talibane.
Mais la récompense au bout, c'est la cabane bar-restaurant adorablement décorée et ombragée de Sandro, où nous dégustons des coquillages qu'il a ramassé dans la mangrove voisine. On ne peut pas faire plus frais ! Et bien sûr, notre noix de coco du jour.
C'est décidé, João revient demain se mettre à l'eau là avec son wingfoil. Reste à trouver le moyen de transport car traîner les 15 kg sur tout ce trajet, impossible!
En attendant, nous repartons cap au sud et rentrons un peu plus loin dans la mangrove, sèche pour commencer. Seules les marées à gros coefficients atteignent aussi loin.
Mais à l'approche d'un fleuve, le sentier devient aquatique, et de plus en plus profond.
Alors que nous allions faire demi-tour, n'étant point trop enthousiastes de continuer la progression jusqu'au cou, la chance sourit aux aventuriers, une embarcation progresse vers nous depuis l'autre bout.
Et à bord, nous retrouvons un jeune couple brésilien que nous avions rencontré la veille sur le bateau bus. Ils nous pensent perdus dans la mangrove. Que nenni, nous maîtrisons parfaitement notre expédition.
Et nous voilà transportés par la grâce de la chance et d'une coïncidence incroyable de l'autre côté du fleuve. Où nous partons profiter des eaux cristallines à l'écart des cabanes bar restaurant de ce bout du monde.
Le retour sera moins sportif mais une autre découverte.
L'intérieur de l'île, désert. Un long détour sur piste de sable.
En Quad, il faudra quand même 35 minutes pour revenir à Morerê.
Belle aventure, elle se mérite, et ne supporte pas la médiocrité.
ReplyDelete👍
DeleteNous suivons vos aventures avec émerveillement. Bravo pour le mash-up en music 🤩.
ReplyDeleteEn espérant que João trouve son vent idéal 💨, nous vous souhaitons la bonne continuation de votre périple brésilien 🇧🇷 😘
J'ai trouvé mon spot idéal de Wing Foil! Bainema! Merci et à bientôt!
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