Episode 1
18 Novembre 2023 - 22 Janvier 2024
Rio de Janeiro - Salvador de Bahia
SAMEDI 18 NOVEMBRE 2023.
Départ à 3h30 ça pique! Notre Nomador, Michel, quinquagénaire Belge amoureux des Pyrénées nous conduit à l'aéroport de Toulouse. C'est Michel qui, pendant notre absence, va bichonner nos 7 chats (!?) et notre grange devenue maison.
A 6h le vol pour Paris décolle.
Correspondance sans trop de longueur à Paris CDG. Vol Air France pour Rio de Janeiro qui durera 11h. On dort, on lit, on mange, on s'abruti de films. Vol calme, atterrissage sans problèmes.
Ah! La célébrissime plage d’Ipanema! Non, ce n'était pas ça notre panorama à l'arrivée. Ça c'était moi aux commandes d'un Cessna en mai 2015 lors d'un de mes Raids aériens Latécoère, de Rio de Janeiro à Natal, un magnifique vol côtier de 4 jours. Nous avions une permission spéciale de survol à basse altitude de Rio, j'en rêve encore!
Cette fois-ci c'est une descente dans les nuages et la nuit déjà tombée. Rien à voir donc!
Longue, très longue marche dans l'aéroport international de Rio jusqu'au contrôle des passeports. Le Brésil subit une exceptionnelle vague de chaleur, 36°C encore à 19h et les pannes électriques ont stoppé la climatisation. João dégouline dans la file d'attente bondée qui n'en finit pas. Je ne suis guère plus sèche.
Puis c'est l'attente pour récupérer nos bagages hors norme: l'équipement de wingfoil de João dans deux gros sacs lourds et encombrants.
Nous embarquons dans la navette pour l'agence de location de la voiture sous un violent orage qui déverse l'eau du ciel rafraîchissante et tant attendue.
Encore d'épuisantes lenteurs pour les formalités de location de notre voiture. Il faut dire qu'on la prend pour deux mois et un long périple.
Heureusement ensuite le trajet est court jusqu'à la chambre que João nous a déniché dans un condominium barricadé comme une prison. Impressionnant la débauche de hauts murs et barbelés autour des immeubles et bâtiments partout, ça met l'ambiance!
La chambre est minuscule, le lit simple se double d'un autre matelas tiroir qui, une fois tiré, couvre ce qui reste d'espace au sol. Pas de fenêtre et une salle de bain rikiki. Mais c'est propre et il y a l'air conditionné. Dans ce camp retranché du condominium dortoir, notre voiture ne court aucun risque.
Il nous a fallu 4h depuis l'atterrissage pour être finalement posés et nous écrouler enfin, épuisés, dans les bras de Morphée.
Ah! La joie des voyages au long court!
Je ne résiste pas au plaisir du souvenir de mon survol de Rio. Copacabana et le pain de sucre. Beau!
DIMANCHE 19 NOVEMBRE.
Réveil à 6h, décalage horaire oblige, mais on est bien reposés. Nous partons sans traîner vers Niterói à l'est de Rio chercher un petit déjeuner. Le trajet sur un très long viaduc maritime offre une vue imprenable sur Rio, son relief très découpé et verdoyant surplombant des barres d'immeubles tentaculaires qui envahissent les sublimes baies aux longues plages blondes. Hélas le ciel est très chargé et orageux.
On distingue le fameux Pain de Sucre mais la statue du Chris Rédempteur au sommet du Corcovado est elle noyée de nuages. Au moins la canicule exceptionnelle qui s'était abattue sur le Brésil est finie, sur cette zone en tous cas. Les orages l'ont balayé.
Petit déjeuner avalé dans un café commerce, et nous partons profiter de la promenade de bord des plages découpées en jolies baies et criques de Niterói.
La soucoupe volante du musée d'art contemporain de Niemeyer, l'architecte vedette de Brasília, surplombe une excroissance rocheuse et offre un point de vue superbe sur les baies montagneuses de Rio en arrière-fond. L'endroit retient nos déambulations admiratives une bonne partie de la matinée.
Cette côté découpée au creux des montagnes, aux multiples baies de sable blond et recoins rocheux émergeant d'une dense forêt tropicale, devait être d'une beauté à couper le souffle avant que les humains ne l'abatardisent à coups de béton et de bitume. Maudits sommes-nous qui détruisons tout ce que nous aimons trop.
La pluie menace et nous y échappons de justesse.
Notre trajet de 3 heures vers Buzios se fait dans la grisaille pluvieuse.
Le paysage de montagnes bucoliques du début cède la place à une platitude sans charme, d'autant que la route traverse des zones urbaines aux constructions de bric et de broc décrépites qui, sous la grisaille, sont encore plus sinistres.
Nous échouons à trouver un endroit qui nous tente pour déjeuner et finissons par acheter dans un immense magasin entrepôt quelques fruits et aliments plus industriels hélas pour agrémenter notre reste de saucisson français qui nous sauve. Nous avalons tout ça dans la voiture sur le parking du magasin entrepôt. On fera plus romantique la prochaine fois!
La pluie cesse par chance comme nous arrivons à notre destination du jour: Cabo Frio où nous attend la jolie Pousada Thalassa colorée et agrémentée d'un charmant patio tropical.
João s'impatiente d'aller voir les plages, en premier Praia Grande. C'est populaire et animé, malgré la journée maussade. La plage est envahie de chaises longues et parasols de location où la foule métissée et joyeuse se prélasse en mangeant à toute heure.
Une brume étrange recouvre les flots???
C'est parce-que l'eau est GLACÉE ! Le courant vient de la Patagonie, rien que ça ! Pourtant les baigneurs ne manquent pas. Pour son baptême brésilien de wingfoil João attendra, ce n'est pas le spot auquel il rêvait et le vent n'est pas au rendez-vous.
Nous déambulons un peu et rentrons à la posada quelque peu déçus.
Qu'à cela ne tienne, nous repartons vite à l'opposé voir une autre plage très proche: Praia dos Anjos (la plage des anges).
Tout aussi animée que la précédente, avec ses bicoques de vente de boissons et plats divers, celle-ci est aussi la baie de mouillage de dizaines de jolies embarcations de bois mignonnement peintes destinées à promener les touristes locaux vers les criques, grottes et recoins de plongée qui abondent sur cette côte. Les photos des agences montrent des eaux translucides sublimes mais aujourd'hui la grisaille masque le charme.
Nous déambulons au milieu des foules de ce long weekend festif entre plage et rues commerçantes. Cabo Frio est la destination de villégiature des classes sociales ouvrières. Alors que Buzios proche est le St Tropez de Rio. D'ailleurs rendu célèbre par les visites de Brigitte Bardot.
Ici c'est une population très métissée qui profite des nombreux stands de churros, brochettes et boissons tropicales.
Nous n'avons pas envie d'un autre repas de mal-bouffe spartiate et nous offrons un bon restaurant dans une vieille maison chargée d'histoire (elle a quand même 250 ans ce qui est exceptionnel dans ce continent).
La bouillabaisse de poissons et fruits de mer en version brésilienne sauce coco y est succulente. Mais nous ne trainons pas. A 20h nous sommes déjà endormis dans notre jolie Pousada. 4h de décalage horaire oblige!
LUNDI 20 NOVEMBRE.
Profitant de la météo relativement plus fraîche et couverte nous partons, fidèles à nous mêmes, en mode rando vers la pointe extrême de Cabo Frio. Ça grimpe fort sur l'étroit sentier taillé à travers une végétation dense sous un crachin bien tropical.
D'énormes escargots plus gros que ma main sont de sortie, ainsi que des millipedes noirs taille XXL aussi.
Des cactus aux multiples bras étoilés émergent au milieu de ce maquis tropical impénétrable. Nous débouchons en surplomb de la belle plage de Atalaia. Malgré le ciel gris, la mer est d'une teinte turquoise. Jour férié ici et donc la plage est déjà bien envahie. Une antique route pavée à la Portugaise y emmène en effet ceux qui préfèrent la motorisation à la rando.
Nous poussons jusqu'au bout de la pointe où João paye douloureusement la photo d'une jolie plante locale. Il a mis ses pieds sur une fourmilière de fourmis rouges. Ses chaussures en sont vite couvertes et ses chevilles aussi. Il arrache et jette sauvagement tennis et chaussettes et s'attaque à l'invasion. Le pauvre! Elles ne l'ont pas loupé, de grosses plaques rouges entourent ses chevilles et le nettoyage de ses atours plantaires l'occupe un bon moment. Leçon apprise, à l'avenir on regardera attentivement où on posera nos pieds sous ces tropiques agressifs.
Nous rebroussons chemin sans nous laisser tenter par la plage en contrebas.
Retour à la pousada, João espère un peu de vent pour tâter du wingfoil l'après-midi.
Mais pas de chance, le vent annoncé n'est pas au rendez-vous.
Nous découvrons cependant une immense lagune et son village à cheval sur le bras de sable entre elle et l'océan. D'un côté une eau translucide sur le sable blanc incroyablement fin où l'on a pied sur une très longue distance, de l'autre les vagues sauvages de l'Atlantique sud qui éclatent sur une immense plage de ce même sable.
Malgré le ciel gris, le côté lagune est animé de plagistes en mode barbecue festif. Tables et chaises s'étalent tout le long et les musiques se font concurrence de groupes en groupes. Côté océan c'est calme. Ayant étendu nos hamacs entre les arbres d'une bicoque bar de plage désertée, nous comprenons vite pourquoi ce rivage est bien moins fréquenté: il y fait frais, trop! L'océan est un véritable climatiseur et, sous cette météo en grisaille, nous finissons vite par replier nos hamacs et rentrer, d'autant que la pluie menace...et finit par tomber comme nous rentrons à la Pousada.
Les locaux sont ravis après la grosse canicule qui les a surchauffé mais nous, nous espérons bien retrouver vite du soleil et les couleurs carte postale du littoral.
MARDI 20 NOVEMBRE
Le soleil est de retour! Nous quittons Cabo Frio pour Búzios. La route est chaotique et encombrée. Les brésiliens ont semé des dos d'âne énormes partout. João se félicite d'avoir une voiture automatique qui simplifie le passage.
Le trafic routier s'intensifie comme nous rentrons dans Buzios, le St Tropez Brésilien. En 1964 Brigitte Bardot est venue se réfugier loin des paparazzis dans ce qui n'était alors qu'un petit village de pêcheurs. La suite...c'est la mutation rapide en une station balnéaire chic et tendance... où BB n'est jamais revenue.
Mais son souvenir, son nom, son mythe sont partout.
Sur la promenade Bardot au bord de l'eau, bordée de belles maisons historiques transformées en restaurants chics, et ombragée de frondaisons tropicales en fleurs, printemps local oblige, on trouve la statue de bronze de BB telle qu'elle fut photographiée là, quand ce n'était encore qu'un pauvre village de pêcheurs, et où 60 ans plus tard le visiteur se fait encore mettre en boîte aussi.
Elle est bien agréable cette zone balnéaire en tous cas avec son eau translucide au creux d'une vaste baie, tranquille aujourd'hui après le long weekend férié, et ensoleillée. A propos de soleil, il est midi et nous réalisons que le soleil est à la verticale ici sous le tropique du Capricorne. Depuis notre arrivée le ciel couvert nous avait caché ça.
Nous retrouvons les délices des noix de coco fraîches, eau de coco désaltérante à l'ombre d'un de ces arbres éclatant en floraisons rouges qui nous séduit tant depuis notre arrivée. Où nous apprenons que les cocotiers ne sont pas natifs du Brésil, les Portugais les y ont importé.
Après avoir bien déambulé dans le joli centre de Búzios, rues pavées et boutiques de charme, nous partons dans la "banlieue" trouver notre Pousada, en bordure d'une autre vaste baie, Praia Rasa. Elle ne manque pas de charme tropical notre nouvelle Pousada, noyée dans la végétation tropicale.
Nous avalons à la va-vite quelques fruits tropicaux comme déjeuner et repartons pour satisfaire l'impatience de João qui ne rêve depuis notre arrivée qu'à se lancer avec son wingfoil sur les flots. Hélas la plage devant notre Pousada ne convient pas, vagues trop marquées pour le navigateur non confirmé et, après une courte exploration, João decide de revenir vers un spot avec école de voile aperçu plus tôt. Tout le littoral est privatisé derrière de hauts murs gardés, trouille insecuritaire oblige ici! Mais quelques accès sont heureusement aménagés qu'il faut dénicher attentivement. En voilà un et c'est le bon!
João monte son attirail et le voilà voguant dans l'eau tiède, première expérience de mer heureusement avec petites vagues tranquilles. Bon, la plage est sympa mais ce n'est pas la carte postale, cernée de hauts murs privatifs et sans arbres pour ombrager mon attente, heureusement c'est déjà la fin de l'après-midi. Je me protège comme je peux du soleil meurtrier, mais le mal est fait. Je sens la brûlure du soleil de notre balade de midi sur la promenade côtière de Búzios. Le soleil à la verticale m'a bien eu. Leçon apprise, je vais jouer les talibanes dans les jours qui viennent.
MERCREDI 22 NOVEMBRE
Le vent a soufflé toute la nuit. Mais João est bien fatigué de sa première séance dans la mer de la veille. Il apprend encore le demi-tour et tombe beaucoup. Du coup il préfère se reposer et reprendre la route vers une nouvelle découverte côtière. Sous le ciel bleu nous quittons Búzios. Les presque 2000 km entre Rio de Janeiro et Salvador de Bahia vont prendre du temps sur les routes secondaires rapiecées semées de ralentisseurs naturels autant qu'artificiels.
L'urbanisation est typique des pays en développement sans planification contrôlée, chacun construit son truc comme il peut, comme il veut, avec les moyens qu'il a, dans un capharnaüm de béton et de tôle ondulée, un bazar de câbles électriques, un trafic routier indiscipliné. Amérique du sud, Asie du Sud Est, d'un coin du monde à l'autre l'urbanisation se ressemble. Ce pourrait être le Vietnam avec pour différence majeure la motorisation, là-bas les scooters et motos par millions, ici la voiture a pris le dessus. Il faut dire que le Brésil est l'un des principaux constructeurs sous-traitants automobiles.
Ça c'est un pont clairement défectueux !
Nous longeons la côte très urbanisée le long d'une infinie plage de sable blond pendant une cinquantaine de kilomètres avant de rentrer dans les terres pour rejoindre la "voie rapide" qui n'est rapide qu'en mode relatif et par tronçons. Souvent ce n'est pas une 4 voies et elle est limitée à 80 km/h ce qui lisse la circulation, et au moins le revêtement est meilleur.
Nous voilà plongeant dans le relief verdoyant de l'intérieur. La forêt primaire a depuis longtemps été rasée, laissant place aux vastes fazendas de pâturages, les ranchs mode brésilienne. Les collines ondoyantes sont tapissées d'une herbe d'un beau vert lumineux sous le ciel d'azur. Là où le relief est plus escarpé la forêt est restée accrochée. Des monts en pains de sucre émergent régulièrement. Le paysage est bucolique, beau. Mais notre progression vers le nord nous emmène bientôt dans les terres plates d'agriculture intensive du littoral, balayées aujourd'hui par un vent puissant qui ne trouve aucun obstacle, les arbres sont rares.
Ce n'est pas le Brésil des cartes postales ici. Les plages qui se succèdent à l'infini sont désertes et écrasées de soleil. Nous faisons halte déjeuner dans une station routière. Il fait chaud et nous ressentons la fatigue de l'adaptation au voyage, au climat...Ah! Nous sommes de moins en moins de fringants baroudeurs avec les années qui passent. Et João accuse la fatigue de sa séance bien sportive de la veille.
Un peu plus loin voici la fazenda pousada (ferme auberge) au milieu de nulle part sur cette côte à l'infini où nous avons réservé pour la nuit, grâce à Booking, bénédiction des voyages modernes. Nous avons mis 5 heures pour parcourir les 250 km depuis Búzios!
La propriétaire de la fazenda, une adorable vieille dame aux beaux yeux bleus nous accueille et nous raconte l'histoire de cette impressionnante demeure, un immense carré de pieces autour d'une vaste patio jardin, style cloître tropical. Pendant 20 ans ce fut un orphelinat, mais elle a du finir par fermer faute de moyens après avoir accueilli plus de 600 enfants, rescapés ainsi de vies de misère. Depuis 5 ans c'est une pousada au style atypique de colonie de vacance hybridée cloître avec toute la gaieté des dessins d'enfants encore sur les murs. C'est pour le moins original. Et calme. Nous sommes loin de tout. Hors réseau sauf le wifi du lieu.
La plage est de l'autre côté de la route à quelques minutes de marche. Nous allons y faire un tour accompagnés tout du long d'un chien de la maison.
Le vent souffle avec force et soulève le sable. L'immense plage s'étend à l'infini, déserte. Ici pas de cocotiers, peu d'arbres en fait. Des maisons, certaines qui se voulaient des villégiatures secondaires de citadins plus fortunés semblent abandonnées, l'endroit paraît assez mort. Nulle part où dîner, ni même acheter quelques bricoles à manger. Nous allons faire la diète ce soir.
JEUDI 23 NOVEMBRE.
Les chambres de la fazenda anciennement orphelinat nouvellement pousada n'ont pas la climatisation et les moustiques ont autant d'ouvertures qu'ils le souhaitent. Seul salut: le ventilateur que nous installons stratégiquement à nous protéger de son souffle. La nuit ne sera pas des plus confortable, chaude et ventée avec la crainte de se faire vampiriser, mais nous survivons.
Un des grands plaisirs de nos voyages aventures, c'est la rencontre, le contact et les échanges avec les locaux. La barrière de la langue nous en a privé au Vietnam et Cambodge, mis à part les guides occasionnels et l'ami de notre cousine francophone. Mais nous sommes souvent restés frustrés de ne pouvoir communiquer que par Google traduction interposé. Mais ici nous parlons la langue et ne nous privons pas de discuter.
Ce matin, nous laissons notre petit déjeuner s'éterniser. Nous nous délectons d'une longue discussion avec la propriétaire. L'histoire de vie de cette vieille dame brésilienne hollandaise est passionnante. Elle nous explique ce besoin de donner qu'elle et son mari hollandais ont ressenti à leur retraite, couple aisé de 4 grands enfants. Ils ont alors démarré cet orphelinat avec le soutien financier complémentaire d'autres amis hollandais, jamais aucune subvention de l'administration brésilienne, seulement les règles juridiques et contrôles sociaux éducatifs de la protection de l'enfance. Pendant 20 ans ils ont recueilli et élevé plus de 600 enfants. Ils en ont adopté 8 dont la plupart vivent encore avec elle; son mari décédé, elle vieillit bien entourée et choyée. Sa philosophie de vie est extraordinaire
Une belle histoire, avec un seul bémol, elle est très pro-Bolsonaro, elle a peur du “communisme” de Lula, elle qui a tant donné. Les contradictions des personnes sont étonnantes.
Nous quittons cet étonnant lieu et la platitude du triste littoral rasé par l'élevage extensif de cette partie nord de l'état de Rio de Janeiro pour rentrer dans l'état de Espírito Santo. Nous continuons de longer la côte au plus près, ce qui nous vaut de progresser lentement à traverser des successions de zones urbaines toutes semblables dans leur total manque de charme. Les routes sont rapiecées et chaotiques, et malgré ce ralentissement naturel les bien-nommés "quebra mola" ("casse amortisseur"=dos d'âne!) se succèdent à l'envie. Sans oublier les radars automatiques qui sont bien annoncés et qui sont suivis au km/h près par les chauffeurs.
Au moins le soleil est revenu et, sous le ciel d'azur, tout semble moins moche.
Enfin un petit coin de paradis tropical, la Lagoa de Siri, une lagune de bord de mer ombragée de beaux arbres aux frondaisons abondantes où des cabanes bar-restaurant ont déployé leur tables et parasols jusque dans l'eau.
Nous nous empressons de faire une halte bonheur et c'est les pieds dans l'eau tiède que nous savourons les délices d'un plat de fruits tropicaux aussi beau que succulent.
Nous reprenons notre cabotage côtier.
João a une liste de spots potentiels de kitesurf, qui peuvent lui convenir pour son wingfoil, tout le long de la côte, on les explore les uns après les autres.
A Piuma nous faisons halte pour déjeuner dans une churrasqueira oú l’on paye son buffet et ses grillades au poids. Oubliée la diète de la veille. L'endroit nous plaît, une très joli baie ombragée, donnant sur des îles, entre un cap boisé d'une végétation dense à l'est et un fascinant cône rocheux façon volcan endormi à l'ouest.
Pour ne rien gâcher, c'est un des spot nautique sur la liste de João. Nous prenons une chambre dans l'hôtel en front de plage et João s'offre sa deuxième session de wingfoil au Brésil. Hélas, la marée descend et il ne pourra pas profiter longtemps car la baie est peu profonde. Avec son énorme empennage sous l'eau il racle vite.
Puis le vent tombe. Il a quand même le coup de coeur pour cette jolie baie tranquille.
Nous partons nous balader jusqu'à la pointe boisée assister au coucher du soleil sur le piton conique opposé. Et pour finir en beauté, un dîner sur le sable d'une des cabane restaurant de plage. On oubliera juste le karaoké sans talent mais bien moins invasif que ceux d'Asie heureusement.
VENDREDI 24 NOVEMBRE.
C'est l' anniversaire de João, 57 ans! Décidément on fête souvent ses anniversaires en voyage, l'année dernière au Vietnam 🎂🎉🥳🥂💝
29 ans après notre première expédition de jeunes aventuriers au Nordeste du Brésil, il est revenu s'offrir son cadeau préféré: sport nautique au paradis tropical. Pour retrouver sa jeunesse 😘
Nous continuons vers le nord notre cabotage de plage en plage. Ciel couvert aujourd'hui et le vent a tourné au sud. Ici le vent du sud emmène le frais. Et oui, tout est à l'inverse dans l'hémisphère sud !
Épuisante traversée de la mégalopole de Vitória, la capitale de l'état d'Espírito Santo, on a loupé la sortie de contournement. C'est hyper industriel et très très moche. Sans compter les misérables favelas dégoulinant des collines. Même quand on pense qu'on en est enfin sorti, avec des noms aussi bucoliques que "jardin des oranges", "parc des citrons", c'est encore la laideur des bas quartiers.
Enfin nous retrouvons les plages, encore peu sympathiques d'urbanisme mais c'est plus calme.
Après cette conduite épuisante nous arrivons finalement dans un petit coin de paradis au nom évocateur : Plage des Cocotiers. Une plantation de cocotiers s'étend en effet sur la pointe, mais ce sont surtout les splendides "châtaigniers" (rien à voir avec avec les nôtres mais c'est le nom qu'on donne ici à ces arbres massifs aux larges feuilles poussant sur le sable) qui donnent ombre et charme à la baie.
Un restaurant terrasse nous y accueille et nous soulage de $50 pour une moqueca chère payée même si le plat typique de cette région est riche et joliment servi dans des lourdes terrines de poterie.
João se mettrait bien à l'eau de nouveau mais un rhûme l'ennuie. On n'a pas idée d'avoir un rhûme sous les tropiques!
Merci pour le fantastique récit de votre épisode 1 accompagné de merveilleuses photos 🤩😍
ReplyDeleteLe 2e épisode est la!
DeleteJe vois que vous profitez au maximum de ce road trip et que vous créez de beaux souvenirs. Belle célébration de tes 30 ans en wingfoil João ! Bisous Jo.
ReplyDeleteMerci! La saga continue!
DeleteJoli récit et de belles aventures! Enjoy
ReplyDeleteOn attend la suite avec impatience
La voilà! À bientôt.
DeleteBelle aventure, elle se mérite, et ne supporte pas la médiocrité.
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